Rencontre avec Véronique, collectionneuse d’étiquettes de sachets de thé

Vous avez pu découvrir Véronique et sa collection d’étiquettes de sachets de thé dans le magazine contenu dans la pochette de décembre. Nous vous proposons de lire son interview complète accompagnée de photos de sa collection.

1-Racontes-nous ton histoire avec le thé. Te souviens-tu de ta première tasse de thé ?
Mon histoire avec le thé a très mal commencé. C’était au début de l’adolescence, j’étais un peu trop boulotte et le médecin a conseillé à mes parents de me donner du thé au petit déjeuner plutôt qu’un bol de chocolat. J’ai donc vécu cette boisson comme une punition. Punition d’autant plus douloureuse que Maman, n’étant pas amatrice de thé, me servait une vague eau brun clair, tiède qui me donnait des hauts le coeur. Rapidement, j’ai préféré me rabattre sur le déca instantané. Ce n’était pas très bon, mais cela passait mieux.

Cette première expérience fait que je me suis méfiée du thé comme de la peste pendant de nombreuses années. Pourtant, alors que j’étais au lycée, une amie qui avait passé ses vacances en Allemagne m’a convaincue de retenter l’expérience. Elle avait rapporté de son voyage du thé à la mûre et m’assurait que cela n’avait rien à voir avec l’eau de vaisselle bue par nos mères. Il faut dire que les Allemands avaient quelques années d’avance sur nous en matière de thé et qu’en Bretagne, le thé est considéré comme une boisson malsaine tout juste bonne pour les Anglais. D’ailleurs, aujourd’hui encore, dans certains endroits de ma région, les super-marchés ne proposent quasiment aucun choix de thé en dehors de quelques thés aux arômes de synthèse.

Un samedi après-midi, j’ai donc accepté de goûter le thé à la mûre et ce fut une révélation : un délice de douceur fruitée. Rien à voir avec ce que je connaissais. Malheureusement, il était alors impossible de s’en procurer à Saint-Nazaire.

Quelques mois plus tard, une autre amie m’a annoncé qu’elle avait découvert au super-marché un thé excellent, tonique et fort en goût : un Earl Grey. Naturellement elle me l’a fait goûter et, ce jour-là, j’ai su que j’avais trouvé ma boisson. Je suis devenue une buveuse de thé, je ne jurais plus que par le thé, j’en emportais partout avec moi, préparant même un thermos lorsque nous allions à la plage. Je ne vous dis pas le plaisir de boire un Earl Grey bien chaud après vous être baignée dans les eaux fraîches de l’Atlantique !

Les moeurs ayant évolué rapidement en France en matière de thé, une boutique qui lui était consacrée avait ouvert ses portes dans notre ville si bien que j’ai pu développer mon goût pour cette boisson. J’avais une prédilection pour les thés aux fruits de la passion, mûre et framboise, mais mon chouchou restait et reste le thé noir à la bergamote. Je ne connaissais rien au thé et me cantonnais aux thés noirs parfumés. Lorsque j’ai eu une vingtaine d’années, j’ai tenté de nouvelles expériences grâce au XIIIe arrondissement à Paris que, par snobisme on nomme Chinatown aujourd’hui. C’est ainsi que j’ai su que je n’aimais pas le thé fumé, que j’adorais le thé au jasmin, mais ne le tolérais pas et que le tuo-cha était trop fade à mon goût. Puis il y a eu le Darjeeling : un pur bonheur que j’associe toujours aux moments de détente et que je buvais surtout le soir.
Lors de vacances aux USA, j’ai été initiée, si j’ose dire, au thé glacé au citron qui n’existait pas encore en France. On le connaissait juste dans les séries américaines. Bien préparé, quand il fait 37°C à Los Angeles, c’est une excellente boisson, mais je ne l’aime pas nature. Enfin au début des années 90, une amie marocaine m’a fait découvrir le thé à la menthe. Moi qui suis un “bec sucré”, j’ai tout de suite adoré ce breuvage aux multiples vertus qui reste associé aux fêtes et moments de convivialité. Quand on le boit seul, ce n’est pas la même chose, il est moins bon. A leur voyage suivant en Tunisie, mes parents m’ont rapporté la théière et les verres pour le préparer dans les règles de l’art, car le rituel compte beaucoup, à mes yeux, pour ce thé.

J’aurais pu croire que mes découvertes s’arrêteraient là, mais non, un jour j’ai vu un reportage sur les plantations d’Assam et je n’ai pas résisté : j’en ai acheté. Quelle force, quelle puissance dans ce thé ! Bien sucré, bien infusé, il vous redonne du courage au travail et vous réchauffe lorsque vous rentrez trempés par une averse !

Mes dernières découvertes sont très diverses. J’ai ainsi appris à apprécier le thé fumé, le “milky oolong” (seul thé que je bois sans sucre), le Darjeeling vert à la rose et au jasmin (idéal en thé glacé) et un thé noir à la vanille et au café (véritable gourmandise matinale).

Voici donc mon itinéraire et ma découverte du thé en un peu plus de trente ans.
Malgré tout, je ne suis pas une spécialiste et je persiste à dire que je n’y connais pas grand-chose. Je suis totalement hermétique aux termes techniques que je lis sur les blogs et dans les livres et, comme il n’y a pas de mauvais romans à mon sens, il n’y a pas de mauvais thés. Il y a ceux que j’aime et ceux que je n’aime pas.

2-Peux-tu nous parler de ta collection d’étiquettes de sachets de thé ?
Ma collection d’étiquettes de thé est née tout à fait par hasard en 1983 durant mes premières vacances en Espagne. Je séjournais chez ma correspondante espagnole et le premier matin, sa maman m’a servi un thé en sachet parfaitement abominable (une tasse de foin infusé tiédasse) mais avec une étiquette très kitch et colorée et un nom fort exotique : le thé Ben Hur. Une étiquette rouge avec dans un médaillon jaune central une théière arabe : premiere-etiquette

Je ne le connaissais pas et je n’avais jamais vu d’étiquette aussi fantaisiste en France, aussi l’ai-je gardée en souvenir de mon premier séjour à l’étranger et surtout dans un pays que je rêvais de découvrir depuis que j’étais toute petite.

Durant ces vacances, j’ai goûté d’autres thés “espagnols”, guère meilleurs que Ben Hur, mais je rangeais soigneusement toutes les petites étiquettes : de petits souvenirs pas chers et très personnels, quand on est étudiante, ça compte beaucoup.

Une fois rentrée en France, je me suis rendu compte qu’il y avait quantité d’étiquettes de thé différentes et je me suis mise à les ramasser, dans une boîte au début, puis dans un petit album pour les timbres. Le temps passant, mon entourage a adhéré à ma petite collection. Famille, amis, collègues de travail, chacun y allait de sa petite participation et me rapportait toutes les étiquettes de thé et d’infusion qu’ils buvaient chez eux ou en vacances. C’était amusant, ne coutait pas cher et collait à ma personne, puisqu’en Espagne, tous mes amis m’avaient surnommée Tetera (la théière) !

tunisie_-grece_-allemagne_-usa_-usa_-allemagne_-espagneTunisie, Grèce, Allemagne, USA, USA, Allemagne, Espagne

Depuis quelques années ma collection stagne un peu, car je ne bois presque plus de thé en sachet acheté dans les super-marchés et, dernièrement, j’ai eu l’idée d’essayer de la relancer via Internet en lançant un premier appel sur la page de Club thé sur Facebook.

3-Que te manque t-il dans ta collection ?
Il ne me manque pas d’étiquettes particulières, car ce n’est pas une collection importante ni en quantité, ni en qualité. Je la fais pour le plaisir, donc je suis preneuse de toutes les étiquettes que je trouve ou qu’on me donne. Par exemple, je n’irai pas acheter des étiquettes juste pour les posséder. J’ai trouvé des sites qui vendent des étiquettes de sachets de thé sur Internet, j’en avais parlé sur la page Club thé.

quelques-etiquettes-marquantesQuelques étiquettes marquantes

4-Comment penses-tu faire évoluer ta sélection ?
Je pense que ma collection évoluera toujours de la même manière : au gré des hasards. En revanche, j’espère une chose, c’est que mes héritiers ne la jetteront pas à la poubelle. Bien sur, je n’en saurai rien, mais, bon… Mon rêve ? qu’un des mes neveux la poursuive, mais pour l’instant, je ne me fais aucune illusion, cette collection leur semble aussi farfelue que leur tante et ses tasses de thé !

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2 Commentaires sur “Rencontre avec Véronique, collectionneuse d’étiquettes de sachets de thé

  1. Avatar
    bourdon brigitte says:

    bonjour
    voici ce qui m’amène a vous , le parcours du thé également bien sur , mais depuis 3ans je ramasse et donne les étiquettes de thé pour ma voisine qui comme les bouchons de bouteille en en ayant beaucoup il parait que les résultats pour obtenir un fauteuil pour handicapé. et je suis a la recherche de poursuivre cette action et continuer.Mais je ne sais ou je peux les envoyer ? cordialement Brigitte

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